#LéoimParlement – session de printemps 2026
Programme mal nommé “allégement” budgétaire
Durant cette session, nous avons dû nous battre face au programme d’austéritarisme, voulu par Karine Keller-Sutter. N’ayons pas peur des mots : le Parlement met en danger l’avenir de la Suisse en coupant dans l’environnement et la formation, en autre, sans rien toucher à l’armée. Ce paquet d’économie touche en plus de plein fouet le canton de Vaud, qui compensera certainement ces coupes, en baissant les prestations ou en augmentant les impôts.
Concrètement cela veut dire, notamment : l’affaiblissement du programme d’assainissements des bâtiments pour les rénovations énergétiques, moins de moyens pour les transports publics régionaux et 20 millions de moins pour les hautes écoles vaudoises. Ce qui est rageant, encore plus dans cette situation, c’est que le conseil fédéral n’a jamais voulu trouver de nouvelles sources de revenus. C’est toujours sur le “problème” des dépenses qui ont été mises en avant, et jamais des solutions.
Poison et protection des eaux
Avec les groupes socialiste et vert’libéral, nous avons demandé à avoir un débat d’actualité sur la thématique “poison et protection des eaux”. Face à un Albert Rösti qui ne cherchait qu’à tout minimiser, nous nous sommes relayés à la tribune pour dénoncer l’accumulation de matières dangereuses que nous déversons dans la nature, et particulièrement dans l’eau. Bien évidemment, j’ai dénoncé cette attitude irresponsable du Conseil fédéral, qui préfère placer l’intérêt économique au-dessus de la santé humaine et de la nature. Tout en supprimant l’Étude suisse sur la santé, qui devait justement étudier l’effet des cocktails de pesticides sur la santé sur le long terme. Quand nous voyons tout cela, nous nous demandons vraiment ce que font Ignazio Cassis (médecin de profession) et notre ministre “de l’environnement” Albert Rösti durant les séances du conseil fédéral…
Certificats de “complaisance” et taxe pour les urgences hospitalières
Cette session de printemps fut très rude concernant le domaine de la santé, avec des attaques très virulentes de la part de droite. Premièrement, c’est la majorité de droite de la commission qui a déposé une motion visant à traquer les certificats de “complaisances” qui, selon eux, existeraient aux 4 coins du pays et dans des proportions gigantesques. Leur solution face à la hausse des arrêts de travail pour raison de maladie : lever en partie le secret médical pour surveiller les employé·e·s. J’ai bien sûr combattu cette proposition absurde au nom de la minorité de la commission de la santé.
Puis le lendemain, nous avons débattu sur une initiative parlementaire des Vert’libéraux qui demandaient à ce qu’une taxe de 50.- soit mis en place à chaque fois que quelqu’un se rendrait aux urgences hospitalières. De nouveau, la droite a fait bloc pour nous expliquer par A + B, que cela serait une merveilleuse manière pour désengorger les urgences des hôpitaux. Car oui, selon eux, les gens se rendraient aux urgences trop facilement, car ils ne sauraient pas quoi faire… Bien entendu avec une taxe, ce sont les personnes précaires qui hésiteront à se rendre aux urgences, et donc de facto, ces personnes metteront leur santé encore plus en danger. A la tribune du conseil national, j’ai dénoncé la logique mortifère de ce texte, tout en rappelant que, dans la consultation, 21 cantons et l’ensemble des professionnels du milieu de la santé rejettent cette taxe sur les urgences hospitalières.
Initiative pour l’interdiction d’importer du foie gras
A la tribune du conseil national, nous sommes beaucoup à nous être succédé pour parler du foie gras et de sa potentielle interdiction en Suisse. Comme d’habitude, la droite a brandi son argument massue “si on interdit ça, un jour on interdira tout”. La “liberté” a bien sûr été mise à toutes les sauces et on a même entendu Philippe Nantermod nous comparer à une future URSS, si le texte passait… Au lieu du pot-pourri assez douteux qui nous a été fourni, je me suis permis de recentrer le débat : Non, on ne peut pas passer sous silence le fait que le foie gras soit une méthode d’élevage qui torture des animaux (qui ressentent la douleur et la peur). Non, son interdiction n’est pas une attaque contre l’élevage en Suisse, qui continuera d’exister même si le texte passe. Et non, la culture romande ne se résume pas au foie gras
Dépôts et questions
Lors de cette session de printemps, j’ai déposé plusieurs objets :
Afin que les travailleuses et travailleurs de l’entier de notre pays puissent avoir congé le 1er mai, j’ai déposé une motion pour demander à ce que ce jour soit désormais férié au niveau fédéral. En effet, cette journée est déjà fériée dans de nombreux pays européens et permet de commémorer les acquis sociaux, économiques et professionnels des travailleuses et travailleurs.
J’ai également déposé une motion, afin d’interdire un test aussi cruel qu’inutile : celui de la nage forcée. Prenez un pauvre rongeur, mettez-le dans un bocal en verre rempli à moitié d’eau et laissez-le s’épuiser en nageant. Le test vise à connaître le niveau de stress et/ou la persévérance de ce pauvre animal, afin de pouvoir (soit-disant) lutter contre la dépression et tester des médicaments. Beaucoup d’universités l’ont abandonné faute de données valables et parce qu’il existe des méthodes bien moins cruelles et beaucoup plus concluantes directement réalisées avec des sujets humains.
Dans son élan de coupes à tout va, j’ai également interpellé le conseil fédéral sur sa réduction de dépenses en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR) dans le cadre de la coopération internationale. Alors que les dépenses en matière de SSR étaient restées relativement stables durant des années, la Suisse réduit son soutien précisément à un moment où celui-ci serait particulièrement important en raison de crises humanitaires aiguës, de pressions croissantes sur les droits des femmes, sur les droits de l’Homme et de bouleversements géopolitiques.
Il y a quelques semaines, nous apprenions avec effroi, que le tribunal correctionnel de Lausanne avait acquitté l’homme qui avait offert un verre, contenant un comprimé d’anyioliyte à une femme, faute de preuve d’une intention criminelle ferme. Face à cette aberration, j’ai interpellé le conseil fédéral afin de savoir si ce dernier souhaite moderniser la loi, et enfin réellement prendre en compte cette notion de soumission chimique.
Dès le 7 juin de cette année, les États membres de l’UE devront avoir modifié leur législation, afin de se conformer à la directive 2023/970 sur la transparence des salaires. Cette directive prévoit entre autres : l’obligation pour toutes les entreprises, y compris celles entre 50 et 100 salarié·es, de respecter la transparence des salaires à l’embauche, d’interdire tout secret salarial et d’avoir des critères de progression neutres du point de vue du genre. Puisque de nombreuses entreprises européennes sont aussi actives, j’ai interpellé le conseil fédéral afin de connaître l’application de cette législation sur notre sol.
Lorsqu’une personne pouvant tomber enceinte, veut se procurer une contraception d’urgence (CU), elle doit se rendre en pharmacie, afin d’être questionnée. En effet les pharmacien·nes ont l’obligation d’imposer un protocole standard qui multiplie les étapes, avant l’accès à la CU : une mise à l’écart dans une salle puis, et surtout, un questionnaire très détaillé. Sous ses airs bienveillants, ce gatekeeping n’a pas un rôle de soin, mais de contrôle, dans une asymétrie de pouvoir et de dépendance. C’est un détournement du principe du consentement informé. J’ai donc interpellé le conseil fédéral, sur l’aspect contraignant de cette démarche, tout en demandant si une libéralisation de ce médicament (comme dans d’autre pays), ne pourrait-elle exister en Suisse ?
Le 4 mars, j’ai demandé au conseil fédéral la composition de la délégation helvétique à la 59ème Commission sur la population et le développement, ainsi que son expertise technique concernant le Programme d’Action du Caire.
Finalement, j’ai également interpellé le conseil fédéral, afin d’exprimer mon incompréhension sur le fait que la SEFRI n’ait retenu aucun projet PRN en sciences humaines et sociales (SHS) pour 2026, alors qu’il y avait pourtant une candidature avec le projet « Gender+Justice », traitant notamment des violences domestiques.