#LéoimParlement – session d’été 2026
Entreprenariat et coup de pouce aux jeunes
Dans la catégorie “ne laissons pas ces sujets à la droite”, j’ai eu le plaisir de défendre deux objets en faveur des (futur·e·s) patron·ne·s de PME et start up. En effet, lors du premier jour de session, j’ai eu le plaisir de défendre avec mon collègue Andri Silberschmidt, son initiative parlementaire qui vise à ce que les entrepreneurs•euses qui versent des cotisations à l’assurance-chômage puissent également être assurés en cas de chômage. Cette dernière visait donc une adaptation de la loi sur l’assurance-chômage, pour permettre aux personnes ayant une position similaire à celle d’un employeur ou d’une employeuse, ainsi qu’aux conjoints et conjointes et aux collaborateurs et collaboratrices, d’accéder plus rapidement aux indemnités de l’assurance-chômage. Pour rappel, pendant le COVID-19, beaucoup de patrons et patronnes de PME avaient souffert de cela, puisqu’ils et elles ne pouvaient pas toucher le chômage. Nos deux chambres se sont mises d’accord et je suis ravie que cette initiative soit enfin acceptée après plus de six années de débats !
Par ailleurs, dans le cadre de la campagne “Change la Suisse !”, des jeunes de 12 à 25 ans peuvent exprimer en ligne leurs souhaits pour l’avenir de la Suisse. J’ai choisi l’idée de M. Lorenzo Impellizzeri (que je remercie et félicite au passage) et déposé un postulat en 2024, qui chargeait le Conseil fédéral d’examiner la faisabilité de créer d’un fond national fournissant des prêts à bas taux d’intérêt aux jeunes engagés, afin de promouvoir le développement de nouvelles entreprises, start-up et associations innovantes, impliquées dans des projets à forte utilité sociale. Malheureusement, le parlement n’a pas été aussi enthousiaste que moi, et le postulat a été refusé.
AVS 13
Après des mois de débats, c’est malheureusement le droite du parlement qui a eu, encore une fois, le dernier mot. Puisque les deux chambres du parlement n’arrivaient pas à se mettre d’accord, sur la manière de financer la 13ème rente de l’AVS, une séance de conciliation a eu lieu et elle a aboutit à la proposition suivante : + 0.4 % de TVA, et + 0.2 % de cotisations salariales. Ce compromis n’a pas séduit les partis bourgeois ainsi que les Verts libéraux, et il a été refusé, de justesse par 98 non, contre 96 oui et 4 abstentions. Seule la hausse de la TVA a été acceptée. Mais ce n’est pas fini, car toute hausse de la TVA doit passer devant le peuple et ce sera désormais à la droite de défendre son projet devant le peuple. Surtout, la droite a été très claire : sa seule “solution” pour financer la 13e rente est l’augmentation de l’âge de départs de la retraite… Car oui, elle compte sur une politique “des caisses vides” pour faire peur à la population et obtenir sous la contrainte une hausse de l’âge de la retraite…
Retour du nucléaire en Suisse ?
Sous des airs innocents, l’initiative “pour de l’électricité pour tous en tout temps” est en fait un cheval de Troie qui veut permettre de construire de nouvelles centrales nucléaires. Et malheureusement, le parlement a accepté le contre-projet issu du Conseil fédéral. Le vote était extrêmement serré, puisqu’il s’est joué à seulement 2 voix (sur un total de 200) ! Nous lançons le référendum!
Durant ce moment de vote, nous avons également vu le chef de groupe UDC, Thomas Aeschi, se précipiter sur un collègue de son groupe pour lui faire changer son vote. Ces pressions sont absolument scandaleuses et contraires à notre Constitution !
Retrouvez le sujet détaillé, ici, sur ma note de blog.
Bye bye Gork !
En signant notre lettre ouverte, 25’000 personnes se sont mobilisées pour demander de mettre des limites claires contraignantes aux plateformes et interdire les applications de deepfakes et de création de nus non consentis. Le 9 juin, nous avons remis notre demande commune au conseil fédéral et notre pression à porter ses fruits, car le conseil national a décidé de soutenir la motion “Hypertrucages sexualisés de Grok. Il est temps d’agir !” de mon collègue Raphaël Mahaim. Le conseil fédéral est maintenant chargé de proposer une loi qui sanctionnera les fournisseurs d’IA qui permettent la création de deepfakes sexualisés.
Dépôts et questions
Lors de cette session, j’ai interpellé le conseil fédéral, car des participant·es suisses à la dernière flottille humanitaire à destination de Gaza ont subi des mauvais traitements lors de leur interception et de leur détention par les autorités israéliennes : des traitements contraires aux droits fondamentaux, qui sont susceptibles – selon un rapport d’Amnesty International – de relever de l’interdiction absolue des mauvais traitements ou de la torture. De plus, une partie des faits reprochés se sont produits dans le cadre d’une interception en eaux internationales, soit hors du territoire correspondant à la destination finale du voyage. Le Conseil fédéral a jusqu’ici adopté une attitude particulièrement discrète sur ces événements. Pourtant, lorsqu’il s’agit de ressortissant·es suisses victimes de violations graves de leurs droits fondamentaux, la Suisse ne peut se limiter à une assistance consulaire minimale ni renvoyer la responsabilité sur les personnes concernées en raison de leur engagement militant, encore moins quand il s’agit de mauvais traitements ayant lieu dans un autre contexte ou sur un autre territoire que la destination déconseillée par le DFAE.
J’ai aussi interpellé le Conseil fédéral sur le bilan intermédiaire de la mise en œuvre des articles 13a à 13i de la LEg. Ces articles, entrés en vigueur il y a six ans, complétaient la LEg en instaurant l’obligation d’analyser les structures salariales pour un certain nombre d’entreprises en Suisse. Ce bilan révèle que la majorité des employeurs ne respecte pas la loi. En raison de ce résultat décevant, le Conseil fédéral a avancé l’évaluation finale à fin 2027. Le rapport intermédiaire fait part d’un taux de réponses de 39,9% pour environ 1 million de travailleurs et travailleuses. Mais il fait état de plusieurs biais de sélection dans l’échantillon, notamment un biais de sélection qui fait que ce sont surtout les employeurs conscients des problèmes en matière d’égalité de salaire qui ont répondu.
Lors de cette session, j’ai aussi dénoncé les diverses violences infligées aux animaux avec une interpellation et une question orale. Pour la première, j’ai interpellé le Conseil fédéral concernant les images récemment diffusées d’un élevage porcin vaudois. Elles ont suscité, à juste titre, une vive émotion au sein de la population. Elles montrent notamment des actes de violence sur des truies ainsi que des méthodes de mise à mort de porcelets affaiblis qui interrogent quant au respect de la législation fédérale sur la protection des animaux.
De plus, j’ai également demandé au Conseil fédéral, comment il se positionnait par rapport à une attitude non démocratique de l’EPFL, qui cherche visiblement à fuir un débat sur le test de la nage forcée. En effet, une table ronde avait été proposée à ce sujet à l’EPFL. Cette dernière a été reportée 2 fois. Une prochaine date serait pour septembre, si elle n’est pas annulée à son tour… Pour rappel, le test de nage forcée est l’une des expérimentations animales les plus douloureuses et les plus contraignantes, puisqu’elle force un rongeur à nager dans un bocal en verre, jusqu’à épuisement, pour mesurer son niveau de résistance au stress et à la dépression… De nombreuses études et institutions contestent l’utilité de tests pour faire avancer la recherche dans ce domaine.