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Retour du nucléaire sous la coupole ? Et oui….

2026 marque clairement un tournant avec le retour du nucléaire sur la scène politique fédérale. Il y a un peu plus d’un mois la commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie recommandait au Conseil national de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires par 13 voix contre 12. Et au programme de la session parlementaire que nous vivons actuellement, nous traitons de l’initiative populaire pour de l’électricité pour tous en tout temps. Sous des airs innocents, cette initiative est en fait un cheval de Troie qui veut  permettre de construire de nouvelles centrales nucléaires. Et malheureusement, le parlement a accepté le contre-projet issu du Conseil fédéral, en ce jeudi 18 juin. Le vote était extrêmement serré, puisqu’il s’est joué à seulement 2 voix (sur un total de 200, pour rappel) ! Durant ce moment de vote, nous avons également vu le chef de groupe UDC, Thomas Aeschi, se précipiter sur un collègue de son groupe pour lui faire changer son vote. Ces manières de barbouzes sont abosulement scandaleuses et ne devraient pas avoir lieu dans nos assemblées démocratiques.

En 2017, une large majorité du peuple et des cantons prenaient – enfin – la décision de sortir progressivement du nucléaire. Cette victoire était l’aboutissement d’années de lutte acharnée des militantes et militants écologistes, qu’il faut saluer. Et pourtant, certain·e·s aimeraient nous ramener à la situation précédente. Il est donc nécessaire de rappeler certaines éléments :

Premièrement, j’ai dû rappeler que l’initiative cherche, sans doute de manière louable, à régler le problème actuel de nos besoins grandissants en électricité. Or si cette initiative était acceptée, de nouvelles centrales nucléaires ne verraient le jour qu’autour de 2050 ! Une génération passerait avant que ces fameuses centrales voient le jour… pour régler, je le rappelle, un problème actuel… Cette initiative est donc un écran de fumée qui ne règle absolument pas le problème présent, alors qu’une mixte d’énergies renouvelables, lui, le ferait bien plus rapidement.

Deuxièmement, construire de nouvelles nucléaires et un non-sens avec ce qu’il se passe actuellement. En effet, en Europe, mais aussi déjà en Suisse, nous devons arrêter les centrales nucléaires, car nos rivières, qui sont censées les refroidir, sont désormais trop chaudes en été pour faire cela correctement. Il est donc absurde de vouloir remettre une pièce dans la machine, pour une technologie qui montre déjà ses limites. A moins que les initant·e·s ne souhaitent construire de nouvelles centrales directement à la sortie des glaciers pour profiter de la fraîcheur des torrents…

Troisièmement, lorsque nous parlons de nucléaire, il est important de rappeler les risques de cette énergie, notamment en cette année où nous commémorons les 40 ans de l’accident nucléaire de Tchernobyl. Alors bien sûr, on va me dire que l’accident de Tchernobyl était un problème soviétique et qu’en dehors de ce pays tout avait toujours parfaitement fonctionné… Je suis donc heureuse d’apprendre que Lucens a fait partie de l’URSS dans les années 60… car oui, en Suisse nous avons aussi eu notre accident nucléaire vaudois. Certes limité, je le reconnais, mais nous l’avons eu. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’un problème comme les partisans du nucléaire aimeraient nous le faire croire. 

Les déchets nucléaires sont également à prendre en compte, puisqu’ils vont poser des problèmes sur une échelle de temps qui nous dépasse. Je vous le prouve en vous apprenant, peut-être, que des linguistiques réfléchissent à des messages et à des langues qui seront encore compréhensibles dans 10’000 ans pour que nos descendant·e·s n’aillent surtout pas ouvrir les lieux de stockage, tellement ces déchets seront encore extrêmement dangereux pour elleux.

Et finalement, il est important de rappeler que niveau indépendance de notre pays avec l’atome, on a connu mieux… Nous n’avons pas de gisement d’uranium en Suisse et nous sommes obligés d’acheter ce dernier à des régimes autoritaires comme la Russie. Cette volonté de privilégier le nucléaire est donc dangereuse également pour l’indépendance énergétique et idéologique de notre pays. Comment pourrions-nous nous sentir réellement libres, si nous sommes les obligés de pareilles puissances ? Malheureusement, le parlement n’a pas souhaité entendre ces arguments et il a accepté le contre-projet du Conseil fédéral. Mais rien n’est perdu pour autant, car nous, les VERT-E-S, lançons dès à présent un référendum pour combattre cette décision. Préparez donc vos stylos : nous arrivons !

Car oui, il serait complétement absurde de revenir en arrière : en 2022, selon l’office fédéral de l’énergie, les énergies renouvelables représentaient environ 79% de la consommation finale d’électricité en Suisse (80% en 2021), à raison de 65% pour l’hydraulique (ne bénéficiant pas de mesures d’encouragement) et de 14% environ pour le photovoltaïque, l’énergie éolienne, la petite hydraulique et la biomasse, soit une hausse de 2 points de pourcentage par rapport à 2021. La part de l’énergie nucléaire s’élevait à près de 20% et celle des agents énergétiques fossiles avoisinait 2%. Il est donc impératif de continuer à investir dans les énérgies renouvables, tout en abondant complétement le nucléaire !