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Un été à 50°c : NON !

Le conseiller fédéral UDC Albert Rösti nous a toutes et tous laissé·e·s tomber pendant cet été caniculaire. Au lieu de présenter un plan d’action climatique et d’adopter des mesures de protection contre la chaleur, il a déclaré: «Il ne faut pas exagérer!». Quel cynisme de sa part ! Alors que l’entier des êtres vivants de la Suisse souffrait de cette chaleur, le ministre UDC en charge de l’environnement préférait minimiser la situation en étant, au mieux, naïf ou, au pire, complètement démagogue. 

Pourtant, cette canicule a dépassé tous les records enregistrés en Suisse depuis le début des relevés au XIXème siècle. L’ONU a d’ailleurs publié récemment un rapport indiquant que nous dépasserons la limite des 1,5 °C plus tôt que prévu. Il est grand temps de mettre en place une protection climatique efficace et juste! 

Car oui, de nombreu·x·ses travailleur·ices, ont été largement impacté durant ces vagues de canicules. Il est donc crucial de mettre les conditions de travail, en particulier celles liées à la santé et à la sécurité, à l’ordre du jour des politiques d’adaptation. Comme le relève TravailSuisse, les branches, où l’on travaille en plein air (construction, agriculture), sont plus touchées. La fatigue et la perte de vigilance au travail dues aux fortes chaleurs font augmenter le risque d’accidents professionnels (chutes, endormissements etc.), sans parler bien entendu des risques accrus de cancers de la peau, dû à l’exposition au soleil.

Mais d’autres domaines sont aussi touchés comme les transports et les services publics (en particulier les services d’urgence et de secours). Le domaine hospitalier n’est pas non plus à l’abri avec le développement potentiel de nouvelles maladies infectieuses. L’épidémie de Covid-19 qui a touché le monde entier, si elle n’est pas directement provoquée par le changement climatique, peut être citée toutefois ici en raison des liens entre le développement des virus et les modifications de l’écosystème. 

Il existe néanmoins des solutions pour lutter contre tous ces maux. Par exemple, il est nécessaire d’adapter les horaires de travail ou même renoncer à travailler ou à exécuter certains travaux en cas de chaleur extrême, comme goudronner des routes. Les partenaires sociaux ont ici un important rôle à jouer en utilisant. les conventions collectives de travail – au niveau d’une branche ou d’une entreprise – pour limiter les répercussions du réchauffement climatique sur les conditions de travail et la santé au travail.

Il sera important à l’avenir de dispenser aux travailleurs et travailleuses rendus plus vulnérables aux phénomènes extrêmes du climat des formations pour qu’ils puissent mieux s’y adapter et aussi leur fournir les équipements adéquats pour protéger leur santé et garantir leur sécurité. 

Jusqu’ici, les stratégies d’adaptation étatiques au changement climatique et les plans d’action qui en découlent ont accordé, malheureusement, une faible place au milieu professionnel. C’est plus que regrettable…

Durant cette session nous avons obtenu la possibilité d’avoir un débat d’actualité “canicule et sécheresse”. De plus, le groupe des Vert-e-s va procéder à de nombreux dépôts pour dénoncer les effets terribles du réchauffement climatique dans notre pays et proposer des solutions pour lutter efficacement contre. Pour ma part, je vais déposer un motion « Zéro mort de la canicule », afin qu’une stratégie visant à limiter les décès et les problèmes de santé graves liés aux vagues de chaleur soit mise en place par le Conseil fédéral.

Mais le Conseil fédéral et la majorité bourgeoise du Parlement restent les bras croisés. Ce sera (encore) à nous d’agir, en exerçant des pressions nécessaires pour que les choses bougent. Je suis heureuse de savoir que plus de 140 organisations se sont rassemblées pour manifester ensemble durant le mois de septembre et d’octobre. J’espère de tout cœur que leurs revendications seront enfin entendues ici à Berne, et qu’elles viendront faire trembler ce vieux palais de molasses vertes !

Crédits image : RTS et MétéoSwiss